Faber & Mazlish: on vous raconte la première rencontre

Faber & Mazlish, c’est quoi ?

Faber & Mazlish, ce sont 2 mamans (probablement au bout du rouleau ^^) qui mettent au point une méthode de communication familiale dans les années 70… Oui, la génération hippie se questionnait évidemment ! 🙂

C’est aussi un ouvrage de référence : « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » (Editions du Phare) où sont compilées des milliers d’heures de réflexion sur les questions éducatives. Dès la première page, le ton est donné : « J’étais une mère merveilleuse avant d’avoir des enfants. » Me voilà rassurée, ce n’est pas un énième livre écrit par des « sachantes » pour me faire culpabiliser et pointer mes failles de maman. Avec beaucoup d’humilité, elles y illustrent leur méthode à l’aide d’exemples très concrets du quotidien. L’approche vise à diminuer les tensions au sein de la famille et à augmenter les gratifications, tant pour les adultes que pour les enfants. Leur postulat de base est simple : un enfant qui se sent bien se comporte bien. Elles prêchent une convaincue !

J’ai eu envie d’aller plus loin et de m’inscrire à un atelier : les promesses sont fortes et le format me séduit, plusieurs séances courtes étalées sur environ 3 mois.

Moins de 100 € les 7 séances, c’est raisonnable alors je me lance !

Un livre, 7 rencontres

L’objectif étant d’acquérir de nouveaux savoirs-faire et de changer nos habitudes de communication (nos automatismes même…), la mise en pratique est essentielle. Le bouquin est très complet mais j’avoue, retravailler les éléments de langage, ça se pratique ! Concrètement, on va apprendre à s’outiller d’une flopée de nouvelles phrases utiles et efficaces à appliquer au quotidien.

L’atelier s’articule autour de 7 rencontres de 2 heures. On y aborde les thématiques suivantes :

  1. Comment s’y prendre avec les sentiments négatifs de l’enfant, ses frustrations, ses déceptions, sa colère ?
  2. Comment susciter chez l’enfant le désir de coopérer ?
  3. Comment mettre des limites fermes tout en conservant un climat d’ouverture ?
  4. Comment éviter le recours à la punition ?
  5. Comment favoriser l’image positive de l’enfant ?
  6. Comment résoudre les conflits familiaux dans une atmosphère de calme ?

Une 7ème rencontre sert à faire le bilan. C’est l’occasion d’un dernier échange sur les nouvelles habiletés acquises et un partage de stratégies pour la suite.

On vous raconte la 1ère rencontre !

Pour Aix-en-Provence, l’atelier est animé par l’association Dessine-moi un bébé dans une école Montessori. Je connais l’association pour avoir déjà participé à un atelier d’éveil musical (fantastique) donc je suis toute confiante quant à la qualité de ce qui est proposé. A l’inscription, il est préconisé de parcourir le premier chapitre du livre avant la rencontre, il correspond à la thématique du jour : « Aider les enfants aux prises avec des sentiments pénibles ». Comment aider les enfants quand se présentent des situations où ils vivent des frustrations, de la peine ou une détresse intense ? Comment reconnaître nos propres erreurs et les remplacer par des habiletés qui permettent à l’enfant de s’ouvrir et de parler dans ses moments difficiles ?

Tout un programme. La lecture me plait : c’est rythmé, fluide et imagé. Voyons donc comment ça s’applique dans la vraie vie !

L’atelier démarre à 20h30, timing parfait pour coucher Roman et m’esquiver sans empiéter sur le temps précieux passé en famille. A la lueur des lampadaires, je remarque devant l’école un petit groupe blafard façon Walking Dead (des parents en perdition me dis-je), je suis au bon endroit ahaha !

Dès l’arrivée, on se sent bien : en réalité, les zombies sont super souriants, l’animatrice Sophie est douce et le cadre est agréable (j’ai envie d’une école exactement comme celle-là pour notre fils). On s’installe pieds nus sur des coussins au sol et une dizaine de parents (principalement des mamans) se présentent au groupe : chacun avec ses préoccupations, ses réussites et surtout… son désarroi :

  • « Je deviens hystérique et je finis toujours par crier sur ma fille de 9 ans, j’aimerais faire autrement ! »
  • « Mon fils de 3 ans ne me laisse aucune minute de répit, j’aimerais qu’il soit plus autonome ! »
  • « Ma fille pique des colères violentes et je ne parviens pas à la gérer ! »
  • « Mon fils tape à la moindre contrariété et je ne veux pas de ce rapport de force ! » (ça, c’est moi !)

On se sent d’un coup beaucoup moins seul… 🙂

On nous remet un cahier de travail, qui me rappelle un peu les devoirs de vacances et qui reprend l’essentiel des exercices du livre. Pendant 2 heures, on va alterner entre reformulations positives et jeux de rôles. Nous nous concentrons essentiellement sur l’écoute et l’accueil des émotions de l’enfant, sur l’importance de ne pas les minimiser (voire de les nier) afin qu’il s’ouvre au dialogue. Très souvent, il s’agit simplement d’écouter, de reformuler ou de ponctuer d’onomatopées.

Facile me direz-vous ! Je vous mets au défi de faire le test, moi je ne peux pas m’empêcher de l’interrompre quand il me parle…

1/ Ecouter avec attention 

« Maman, tu m’écoutes ? »

– Biensûr que je t’écoute (en regardant mon portable) ! 

Non, une écoute bienveillante implique d’être présent à 100%, de regarder son enfant et de pratiquer au moins un « silence sympathique ».

Cette expression me fait sourire car en gros, on apprend à pratiquer le blanc. Essayez ! On tombe souvent malgré nous dans le questionnement  (« C’est toi qui a commencé? ») ou dans le conseil (« Tu ne devrais pas faire ça comme ça »).

2/  Accueillir l’émotion

« A l’école, quelqu’un m’a volé mon nouveau crayon rouge »

Le drame d’une vie pour lui ! Ponctuer avec des mots comme « je vois », « hum hum » permet à l’enfant d’explorer ses pensées sans être interrompu par d’éventuels commentaires ou questions. Souvent, il boucle la boucle tout seul et se sent mieux.

Je suis très douée en « Ah bon! » et « Wouaaaw », d’ailleurs lui aussi maintenant. Quand je lui raconte ma journée – « j’ai travaillé sur l’ordinateur » -il me dit « wouaaaw maman! » 😍

3/ Nommer le sentiment

« Maman, je me suis fait mal en tombant ! »

– Mais non, ce n’est rien du tout ! Ça va passer ! Tu ne vas pas pleurnicher pour ça.

Le sentiment est nié, l’enfant ne se sent pas compris. Imaginez que vous vous faites houspiller par un collègue sur la qualité d’un dossier. Vous êtes bouleversé et un ami vous dit de ne pas en tenir compte : « Ce n’est rien, tu l’as mal pris car tu es surmenée ». Comment vous vous sentez ? Pas vraiment entendue pour ma part…

Dire plutôt : « Olalala on dirait que t’es fait très mal… » même si ce n’est qu’une mouche qui l’a griffé (oui oui, notre fils se fait griffer par les mouches). L’enfant se sent profondément réconforté parce que quelqu’un reconnait ce qu’il vit intérieurement.

4/ Utiliser l’imaginaire

Quand il n’y a plus de jus d’orange, tenter de lui expliquer qu’il ne peut pas en avoir car il faut faire les courses, c’est une réponse logique mais qui ne tient pas compte de sa frustration. Il continue de protester.

Lui dire qu’on aimerait « avoir le pouvoir magique de faire apparaître son jus d’orange mais qu’on ne l’a pas, c’est très frustrant » et il se sent compris. Il consentira peut-être à boire de l’eau… Mon homme est créatif, je pense que sur ce point-là, on devrait s’en sortir hehe !

A la fin de la réunion, on repart avec des objectifs et des exercices à pratiquer chez soi avant la prochaine séance (2 semaines plus tard).

On a adoré

  • Se sentir moins seul face aux questions que d’autres parents se posent aussi
  • Les exemples très concrets qu’on vit tous au moins une fois au quotidien
  • Les propositions de postures et de réponses adaptées
  • Le bon sens et la logique implacable de cette méthode, c’est simple à mettre en place !
  • Le petit mémo qui récapitule les points abordés durant la rencontre

On a moins aimé

  • L’approche un peu scolaire de l’atelier (noter ses réponses dans le cahier)
  • Le manque d’interactivité car la dynamique est constamment interrompue par la prise de notes
  • Le déroulé sans surprise qui colle au livre

Nos conseils pour en tirer le meilleur

→ Préparer des exemples concrets de votre quotidien à soumettre au groupe

→ Relire le chapitre 1 après la session 1 afin de bien s’en imprégner (et non avant, c’est trop scolaire dans ce cas)

→ Venir en toute sérénité car ces rencontres sont bienveillantes, humbles et sans jugement…

Allez, à vous de jouer ! 

3 commentaires sur “Faber & Mazlish: on vous raconte la première rencontre

  1. Merci pour le retour! Ça a l’air vraiment bien pour une seule séance!! Ca donne envie de s’inscrire! Vous nous ferez un retour à la fin des rencontres j’espère!!

    1. Bonjour Juliette !
      En effet, l’atelier est vraiment chouette et surtout rassurant quand on se sent impuissant face à son enfant…
      Je prépare un article sur l’atelier Gordon – Parents Efficaces (que j’ai également suivi à Aix). Format différent (24h consécutives) mais les 2 approches se complètent, ça vaut le coup de tester la méthode qui convient à chacun… Quoi qu’il arrive, la clé, c’est la communication 😉
      A bientôt !
      Melanie

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